NÎMES EN FERIA Manzanares et Salenc sortent en triomphe

Adrien Salenc confirmait son alternative (Photo Anthony Maurin).

Première corrida de feria, une de chez Garcigrande (pas tout à fait) pour El Juli (applaudissements et salut), Jose Maria Manzanares (deux oreilles et salut) et le Nîmois Adrien Salenc (oreille et oreille) qui confirmait son alternative.

Les toros de Garcigrande, d’origine Domecq et venus de la région de Salamanque, sont actuellement en plein doute. L’élevage, qui était lié à son propriétaire, Domingo Hernandez (dont le fer sortait avec celui des Garcigrande), s’est séparé en deux parties plus distinctes que par le passé. Bref, c’est un peu la pagaille ! Heureusement qu’en piste, les toros ne se préoccupent pas de ce qui se passe dans les coulisses de la finca… Pour l’heure, ceux de la tarde ont manqué de moral et de force. Quelques uns avaient un fond de bravoure, tous ou presque de la noblesse à revendre mais sans trop de transmission.

Un toro du jour (Photo Anthony Maurin).

Pour cette première corrida de feria, les toros étaient donc malgré tout de garantie et les maestros aussi. Entre le Juli qui a pris son alternative dans nos arènes il y a plus de 20 ans, Manzanares qui y a triomphé à de multiples reprises et Salenc qui a tout l’avenir devant lui pour le faire, l’aficion s’apprêtait à vivre un vrai bon moment de tauromachie. Sous le soleil, cette course promettait monts et merveilles pour lancer cette feria sur les rails du succès.

Adrien Salenc (Photo Anthony Maurin).

Premier à sortir en piste, le Nîmois Adrien Salenc. Ce soir, il confirme son doctorat. Même s’il est déjà venu toréer en tant que novillero sans picadors puis dans la catégorie supérieure, il est devenu matador de toros dans les arènes d’Istres il y a deux ans des mains d’El Juli. Il faut dire que les liens qu’il a tissé avec le maestro sont étroits. Oui, il a été élève dans son école voilà près de dix ans ! Il coupera une belle oreille, sincère, pour une faena pleine, douce mais dynamique, enjouée et plaisante à regarder. Le jeune se donne les moyens de sue présenter dignement dans ses arènes. L’envie est là, quelques naturelles somptueuses sont accompagnées de touches droitières du plus bel effet.

Salenc au capote (Photo Anthony Maurin).

Dernier toro de la course et ultime chance pour le Français de sortir sur les épaules. Une oreille, il ne lui manque d’un pavillon blanc pour réaliser un de ses rêves. Il le fera tomber du palco présidé par Bernard Angelras. Une faena toujours généreuse et pleine d’entrain. Un moment où le jeune monte au niveau de ses aînés, le public le voit, apprécie le geste et le soutient. L’envie prime et la belle épée finale feront le reste.

Le Juli en sortie de passe (Photo Anthony Maurin).

El Juli, sur son premier, a bien montré qu’il comptait renouer avec Nîmes et son public. On le voyait un peu moins ces dernières années. L’empresa Simon Casas et lui ont vu leur chemin respectif s’écarter l’un de l’autre mais les voilà à nouveau réunis et c’est bien l’essentiel car le Juli a un public à Nîmes. D’une agilité rare, d’une vue perçante, le Juli comprend vite qu’il ne pourra pas tirer quelque chose de positif de son toro de… Domingo Hernandez ! Bon, au panneau le fer était celui de Domingo mais le nom était pour Garcigrande, tout le monde sera content… Ou pas. Bref,  Il en sera de même avec son second, hélas, en tout, pour tout. Mal pourvu au sorteo, il ne reste plus qu’au Juli de jouer sur sa qualité principale, sa technique. Applaudissements.

Au capote, le Juli (Photo Anthony Maurin).

Lors de son second duel, le Madrilène saluera les tendidos nîmois. Toujours rien à tirer de son Domingo Hernandez (c’est quand même une drôle d’histoire) et le Juli commence à gesticuler, à s’énerver, à toucher les cornes avec son ayuda en signe de déception… Il ôtera une banderille qui ne lui plaisait pas trop avec les mains, il grommellera dans une barbe qu’il n’a pas. Le Juli est bien là, il tente, il essaie, il ne veut pas céder du terrain mais force est de constater qu’on ne tirera pas de sang d’une pierre, il abandonne.

Manzanares au pecho (Photo Anthony Maurin).

La classe d’un Jose Maria Manzanares, voilà ce que sont venu(e)s voir certains spectateurs. Deuxième en piste, l’Alicantino de naissance n’avait pas d’autre choix que de marquer les esprits. Il y parviendra sans trop de problème après un faenon. Manzanares est calme, apaisé. Il regarde le toro, le public, le palco. Il a compris. Même si son toro a quelques aspects d’un couard, il ne l’est pas entièrement. Sa charge, plutôt agréable à l’oeil, n’est pas dangereuse et Manzanares va en jouer pour lui couper ses deux oreilles. Une fois, deux fois, trois fois, il essaie le recibir sans que la charge du toro ne se déclenche. Il se positionne pour une mort plus classique et le toro s’élance pour venir à sa rencontre, Manzanares ne bouge pas, l’attend et voilà, le recibir est à peu près là ! Deux appendices en poche, la sortie en triomphe était assurée mais le maestro ne comptait pas du tout en rester là !

Manzanares à l’équilibre (Photo Anthony Maurin).

Sur son second de Garcigrande, le maestro saluera après une déroute à l’épée. Sa belle prestation, honnête dans la démarche, ne suffira pas à lui faire couper l’oreille car les épées se succèdent et peu d’entre elles sont efficaces. Pas de sortie par la porte des Consuls mais pas envie de sortir a hombros par celle des cuadrillas. Avec un enfant qu’il fait entrer en piste (et auquel il avait donné ses deux oreilles), “Manza” sort tranquillou, à pied, par la porte des cuadrillas, la classe on vous dit. Mais c’est quand même rageant de le voir sortir par là alors qu’il aurait pu, après sa faena intéressante et avec une certaine technicité agrémentée de jolis gestes, sortir par la porte qu’il a déjà emprunté plusieurs fois.

Manzanares, la classe (Photo Anthony Maurin).
Adrien Salenc a hombros (Photo Anthony Maurin).

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