LA RÉCAP’ La tarte à Tain/Didier Lauga, du gilet à la toge/Les procureurs écrivains nîmois

Le président de la République, Emmanuel Macron Photo DR

Tous les samedis à 19 h, Objectif Gard vous propose un rendez-vous sous la forme d’un flash-back sur les événements, petits ou grands, qui ont ponctué la semaine. C’est parti pour la Récap’ !

La tarte à Tain. 18 mois de prison, dont 14 mois avec sursis, avec mandat de dépôt à l’audience. C’est le prix que pairera Damien Tarel, alias Gaston Labaffe, pour s’être laissé aller à mettre une mandale au président de la république, Emmanuel Macron, en visite à Tain-l’Hermitage (Drôme). Cher payé, diront certains. Pas assez, avanceront d’autres qui auraient peut-être souhaité voir le Bruce Lee du pauvre, amateur de manga et  d’arts martiaux du Moyen-Âge – on n’en n’avait jamais entendu parler jusque-là ! – être écartelé par quatre chevaux en place publique et qui n’ont que peu goûté cette nouvelle version de la “tarte Tatin”. Nous éviterons soigneusement de prendre parti dans ce débat et de revenir sur le geste crétin d’un imbécile, largement commenté par ailleurs par les responsables politiques Gardois et unanimement condamné par iceux. En revanche on se dit que ce Tarel, dont on se demande s’il n’a pas perdu en route le L final de son patronyme pour le troquer contre un accent aigu sur le E, a bien de la chance de vivre dans une démocratie dans laquelle les dirigeants n’hésitent pas à venir au contact des citoyens (quitte à se faire chahuter ou pire !) et où la justice est rendu au nom du peuple. On pourrait en effet se demander qu’il aurait pu arriver au même farfelu s’il avait été Russe ou Coréen du Nord au lieu d’être Français et qu’il se soit toqué de souffleter l’affable Poutine ou le non moins jovial et débonnaire Kim Jong-un. Mais s’il lui venait l’idée saugrenue de récidiver, on ne saurait mieux lui conseiller de prendre langue avec Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, la “crème” des entarteurs, afin d’échanger des recettes plus douces. Le porte-parole revendiqué de l’iconoclaste et réjouissante Internationale pâtissière, qui a épinglé, entre autres, à son tableau de chasse Nicolas Sarkozy, Bill Gates, Jean-Pierre Chevènement, Doc Gynéco, Benjamin Castaldi, Patrick Poivre d’Arvor, et sa tête de Turc favorite Bernard-Henri Lévy (7 fois !), avait pour sa part réussi à mettre les rieurs de son côté et à susciter la sympathie autour de potaches attentats pâtissiers. Car pour une bonne tarte il faut les bons ingrédients. Pas de marron ni de pêche en pleine poire. De la crème seulement de la crème. Avec la crème ça glisse tout en douceur…

Didier Lauga (en costume beige) est le nouveau président de la Fondation (Photo DR Objectif Gard)

Didier Lauga, du gilet à la toge. C’est acté depuis mardi. Alors que peu de temps avant de quitter ses fonctions dans le département il avait émis dans nos colonnes l’idée d’enfiler le gilet orange des bénévoles de la Banque Alimentaire – “Vous m’offrez un gilet orange à mon nom, je vais vous aider car il ne faut pas perdre de vue la solidarité, le travail que vous faites et important“, avait-il suggéré au président -, c’est finalement une autre voie qu’a décidé d’emprunter l’ancien préfet du Gard et toujours résident gardois, Didier Lauga. Il prend la suite de l’ancienne ministre Georgina Dufoix, démissionnaire, à la présidence de la Fondation internationale pour les monuments romains de Nîmes. Coopté et sollicité par le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, le haut-fonctionnaire dont les aspirations penchent finalement plus vers la banque que l’alimentaire, hérite de la responsabilité de mettre son entregent et son carnet d’adresses au service de la recherche de nouveaux mécènes prêts à lâcher quelques sesterces ou quelques as pour poursuivre la rénovation des arènes millénaires.

Alexandre Rossi, vient de publier un livre référence sur sa vie de procureur. Un ouvrage pour le grand public qui permet de mieux comprendre le quotidien d’un procureur (Photo B.DLC/ Objectif Gard)

Les procureurs écrivains nîmois. Certes ce ne sont pas les seuls à se lancer dans l’exercice d’une carrière parallèle dans la littérature, mais la juridiction nîmoise peut cependant se targuer d’abriter en son sein deux procureurs écrivains. Dernier en date à avoir pris la plume, Alexandre Rossi nous propose un livre de vulgarisation sur les arcanes de son métier. Pour paraphraser le docteur David Reuben et saluer d’un clin d’oeil Woody Allen, un opus du genre “Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur le job de procureur sans avoir jamais osé le demander”. La préface de cet ouvrage est signé d’un certain Érick Maurel avec un K. Une feinte de garde-champêtre que l’on doit au procureur nîmois Éric Maurel, auteur prolifique. Érick pour se rapprocher un peu d’Erik Orsenna ? Il faut bien commencer par quelque chose, le reste viendra… “Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer“, disait Guillaume Ier d’Orange-Nassau, le Goncourt est au bout du prétoire…

“Chronique d’un procureur de la République”, d’Alexandre Rossi. Enrick “B” Éditions. 16,90 euros.

Philippe GAVILLET de PENEY

Cet article LA RÉCAP’ La tarte à Tain/Didier Lauga, du gilet à la toge/Les procureurs écrivains nîmois est apparu en premier sur Objectif Gard.

About the author