FAIT DU SOIR Une nouvelle vie pour la chapelle des Pénitents gris d’Aigues-Mortes

Au cœur des remparts d’Aigues-Mortes, un joyau du patrimoine cultuel. (Photo Boris Boutet)

Gérée et entretenue par la confrérie du même nom, la chapelle des Pénitents gris d’Aigues-Mortes fait chaque année l’objet de nombreuses visites et conférences. Abîmé par le temps, cet édifice classé aux monuments historiques depuis 1994 va faire l’objet d’une importante réhabilitation. Le montant des travaux, dont la première tranche débutera ces prochains jours, s’élève à 1,2 M€. 

Elle est l’une des plus anciennes chapelles de Camargue. Un trésor du patrimoine que les Aigues-mortais ont redécouvert ces derniers mois, puisque les messes dominicales y étaient célébrées le temps des travaux de l’église Notre-Dame-des-Sablons. « Cette chapelle a été construite à la fin du XIVe siècle sur un ancien cimetière, raconte Richard Mouret, le secrétaire général de la confrérie des Pénitents gris. Pendant les guerres de religion, elle a été détruite avant d’être reconstruite en 1607. » 

Aujourd’hui régie par la loi de 1901, la confrérie aigues-mortaise remonte au Moyen-Âge, où elle prit modèle sur les Pénitents gris d’Avignon. Elle se compose de laïcs des deux sexes, sans distinction de classe. C’est elle qui garde la chapelle et l’a entretenue à travers les siècles. « Avant la Révolution française, la confrérie comptait près de 300 frères et représentait un dixième de la population de la ville d’Aigues-Mortes, souligne son actuel secrétaire général. Elle a connu un nouvel âge d’or entre 1820 et 1914, avec de nombreuses activités cultuelles et culturelles, avant de décliner fortement au cours du XXe siècle. »

Dirigés par le prieur Jean-Marie Arragon, les Pénitents gris ont désormais stabilisé leurs effectifs autour de 35 membres. Beaucoup, comme Richard Moury, admis en 1946 à l’âge de deux ans, sont présentés par leurs parents ou un proche, dès le baptême effectué. « Nous sommes autonomes financièrement, avance ce dernier. Cela nous permet notamment d’organiser des offices et de prendre soin de la chapelle. » 

Le retable de la chapelle est particulièrement impressionnant. (Photo Boris Boutet)

La mission est de taille. Ouvert au public du 1er mars au 30 septembre, l’édifice accueille parfois jusqu’à 300 visiteurs par jours. Tous viennent admirer l’impressionnant retable qui s’élève sur plus de neuf mètres, derrière l’autel. Véritable chef d’œuvre ayant pour thème la passion du Christ, cette sculpture monumentale a été achevée en 1688 par l’artiste Jean Sabatier. « Il est toujours source d’émerveillement pour les visiteurs », confie Richard Moury.

Incontestable point clé du site, c’est par lui que les travaux de réhabilitation commenceront dans les jours à venir. Et il y a de quoi faire. Statues de Saint-Jean-Baptiste et de Sainte-Marie-Madeleine à repositionner, fissures à reboucher, secteurs à stabiliser : le coût de ce minutieux chantier s’élève à 500 000 €. « Nous travaillons avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) qui prend en charge la moitié du prix des travaux. Pour le reste, nous devons faire la chasse aux subventions », détaille le secrétaire général des Pénitents gris.

L’une des façades à rénover de la chapelle. (Photo Boris Boutet)

Et cette année, la chasse fut bonne. Après quatre tentatives infructueuses, la chapelle est le seul site gardois qui bénéficiera du soutien du loto du Patrimoine. Une aide de 277 000 € que les frères espèrent voir débloquée rapidement pour financer la réhabilitation du retable. Par la suite, deux autres tranches du chantier devront être effectuées. La deuxième concerne les façades de l’édifice pour 400 000 €, la troisième son escalier instable pour 300 000 €.

L’escalier sera réhabilité lors de la 3e phase. (Photo Boris Boutet)

« Nous espérons obtenir d’autres aides de la Région et du Département, avance Richard Moury. Nos activités nous permettent de financer le petit entretien comme les boiseries ou la peinture, mais pas les chantiers de cette ampleur. La chapelle en a bien besoin : les derniers travaux, d’une bien moindre importance qu’aujourd’hui, remontent à 1811 ! » Après sept ans de lutte acharnée, les Pénitents gris d’Aigues-Mortes semblent aujourd’hui toucher du doigt leur but : offrir à la chapelle une nouvelle vie.

Boris Boutet

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