FAIT DU SOIR Un jeune Bagnolais mène des expériences sur le blob en parallèle de Thomas Pesquet

Rémi Fagnon, 18 ans, mène des expériences sur des blobs et envoient ses résultats tout les soirs au CNRS. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Avez-vous déjà entendu parler du blob ? Ni animal, ni végétal, il s’agit d’une cellule dotée d’une intelligence mais qui ne ressent pas la douleur. D’aspect assez spongieux et visqueux, il fait étrangement penser à la végétation sanguinolente du film “La Guerre des mondes” mais de couleur jaune. Découvert en 2008, le blob reste encore très mystérieux. Rémi Fagnon, jeune Bagnolais de 18 ans, en a reçu deux spécimens le 27 avril pour réaliser plusieurs expériences et percer à jour ce mystérieux organisme ne rentrant dans aucune catégorie.

Mais comment l’idée lui est venue ? Ce féru de sciences, aujourd’hui en licences Mathématiques et informatique à l’université d’Avignon, a commencé à s’intéresser au blob grâce au concours où son lycée l’a inscrit deux ans plus tôt : “Lorsque j’étais en classe de 1re au lycée Einstein, on a fait une expérience sur les muons, des particules du cosmos. Notre professeur nous a inscrit au concours régional scientifique à Béziers. On est arrivés 2es. À côté de nous, il y avait un stand d’une autre classe qui avait pour sujet le blob.

Depuis son intérêt est resté intact. Et il a été ravivé il y a quelques semaines en apprenant que l’astronaute français, Thomas Pesquet, en amenait avec lui dans le cadre de la mission Alpha sur la Station spatiale internationale. Le but étant d’observer le développement des blobs sans la gravité terrestre. Alors Rémi Fagnon a lui aussi voulu mener l’expérience sur le plancher des vaches : “J’ai envoyé un mail au CNRS (Centre national de la recherche scientifique ndlr) et à la biologiste Audrey Dussutour. Ils ont accepté et m’ont fourni deux blobs Ava de souche australienne.

Le blob n’est ni un animal, ni un végétal. C’est une cellule dotée d’une intelligence ne rentrant dans aucune case scientifique. Elle est jaune et d’aspect assez visqueux et spongieux. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le 27 avril, le jeune Bagnolais a “réveillé” les deux cellules en les humidifiant pour débuter sa mission : voir comment elles évoluent selon leurs conditions de vie, leurs apports… Il a placé les deux blobs dans des boîtes, à l’abri de la lumière dans son garage, sur de la gélose, pour qu’ils puissent se développer tranquillement, un peu à la manière d’un champignon. Ils doivent être conservés entre 20 et 27°C. Chaque jour, il leur donne une dizaine de flocons d’avoine pour les nourrir. “Ils doublent de taille et grandissent d’environ 10 cm chaque jour”, affirme Rémi.

Il est quasiment impossible qu’un blob meurt

Dans quelques jours, il entamera la deuxième phase de l’expérience : leur donner à manger des feuilles de salade, des tomates et autres végétaux et épluchures qui se retrouvent souvent au fond de nos poubelles. Si le blob venait à se régaler de ces déchets organiques, il pourrait bien tenir un rôle clé dans le recyclage et devenir le composteur du futur.

Chaque jour, Rémi envoie un petit compte-rendu au CNRS. Son expérience sera bientôt appuyée par celles de 2 000 classes françaises qui vont élever des blobs à partir du mois d’août. Le tout sera comparé aux résultats trouvés par Thomas Pesquet, en orbite à 400 km au-dessus de la Terre.

Pour Rémi, l’expérience prendra fin dans deux mois. Mais libre à lui de conserver ses blobs ensuite. D’autant que ces cellules ne meurent presque jamais. “On peut endormir un blob mais il est très difficile de les tuer“, assure le jeune Bagnolais. Ce qui est sûr, c’est que ses conclusions serviront aux avancées scientifiques. Car ce mystérieux organisme qui se décline sous des milliers de sortes et plus de 700 sexes, n’a pas encore livré tous ses secrets…

Marie Meunier

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