FAIT DU SOIR Un « Dernier round » pour Patrick Bosso ?

L’humoriste et comédien marseillais Patrick Bosso sera en spectacle à Nîmes, sur les planches du Novotel Atria dans le cadre de la Feria du rire le samedi 4 décembre à 20h30, pour probablement son dernier spectacle seul en scène intitulé « Dernier round ». Interview.

Objectif Gard : On entend beaucoup de bruit et de rires autour de vous, comment allez-vous ?

Patrick Bosso : Vous posez cette question avec le sourire car vous entendez que c’est animé autour de moi, mais tout va bien ! Je suis avec des potes et on va se poser. Jusque-là tout va bien, je suis à l’abri, il y a du soleil, je suis à Marseille.

« Dernier round », c’est sérieux ? On a du mal à y croire !

Je pense que ce sera bien le dernier spectacle de Patrick Bosso, mais tout cela n’est pas bien grave, l’essentiel c’est que ça fasse rire, que ce soit un bon spectacle et autant vous dire que ça fait une dizaine de fois que je le joue et que les gens se marrent énormément. Je ne vais pas dire que les gens se font chier, évidemment, mais c’est la vérité, j’ai des témoins ! Tout se passe très bien, le public est content. On me dit que ce sont des adieux à la Aznavour, que je partirai et que je reviendrai. Mais vous savez, on n’en sait rien, en tous cas c’est vraiment un dernier round…

Vous sentez une lassitude, une usure chez vous, chez votre public ? 

Non je ne ressens pas encore ce genre de sentiments mais, attention, je n’arrête pas tout ! On m’a déjà proposé des pièces de théâtre et d’autres choses, disons que ça fait 30 ans que je suis seul sur scène et que l’on peut dire que c’est mon activité principale. Quand je suis derrière le rideau et qu’il s’ouvre pour que je vois 500 personnes face à moi, c’est irremplaçable… C’est un shoot d’adrénaline qui est énorme et qui dépasse tout le reste, mais j’ai l’impression que le métier a changé.

C’est-à-dire…

J’ai l’impression que c’est un nouveau métier. Il faut être beaucoup plus sur les réseaux sociaux. Ajoutez à cela les dizaines et dizaines d’humoristes, de « comédie clubs », de personnes présentes sur YouTube, de patin-couffin, de machin… C’est un autre boulot donc voilà. Je souhaite jouer ce spectacle plusieurs années, au moins deux ans, donc je suis encore là pour vous faire rire un petit moment. Rassurez-vous, j’aime toujours faire ça.

De quoi parlez-vous dans ce nouveau spectacle ?

J’aborde des thèmes à ma manière et de manière drôle, enfin je l’espère ! On parle du temps qui passe, de la manière de vivre aujourd’hui, du rythme qui s’accélère. Je ne compare pas avec ce que nous avons vécu par le passé. On dit souvent qu’avant c’était mieux, mais en fait c’est bidon et ceux qui disent ça sont en quête de leur jeunesse, de leur vie passée. Si à mon époque on avait eu des téléphones portables, moi aussi j’aurais déjà vu 250 films pornos et j’aurais fait exactement les mêmes choses… Il n’y a que les prénoms qui auraient changé sur les textos ! On aurait signé « je t’embrasse Martine » ou « je t’aime Mireille« , des prénoms des années 1980 quoi. J’ai l’impression que les gens sont un peu perdus, moi aussi. De plus en plus de gens embrassent des arbres ou font du yoga… Je ne critique pas ça, mais j’essaie d’en rire. J’essaie de voir où va cette société, c’est tout. Je suis juste là pour faire rire sans donner de leçon à personne.

Comment fait-on pour rester dans le jeu pendant 30 ans ?

Si je suis là 30 ans après mes débuts, c’est pour plusieurs raisons. Je ne fais jamais deux fois le même spectacle. On voit des spectacles où certains abordent les mêmes choses, recyclent de l’ancien, des choses déjà vues… Pas moi, jamais ! Moi, vous ne savez jamais ce que vous allez voir, tout est nouveau à 100 %. Des fois, on me le reproche mais c’est une fierté pour moi. Certains sketchs manquent au public et une partie des gens qui m’apprécient aimerait que j’en refasse certains… Je leur dis non. S’ils veulent les revoir, ils peuvent les regarder en DVD. Il y a aussi une autre chose, sur scène, je suis physique, je donne de ma personne, j’y reste 1h40, les gens sont sensibles à cela. Je pense avoir créé un lien plus fort avec le public, un lien familial. Je suis un peu un collègue, un membre de la famille. On se donne rendez-vous et jusqu’à maintenant ils viennent. Ils étaient encore 700 à Monaco, 300 à Toulouse…

La situation sanitaire est compliquée, mais vous arrivez à faire venir du monde. Comment peut-on l’expliquer ?

Malgré la situation qui n’est pas très rose, pour l’instant, mes dates sont complètes ou bien remplies. C’est une autre fierté énorme et j’aime bien quand les gens repartent avec le sourire. Ce n’est pas de la démagogie mais les gens, quand ils viennent, ils en parlent avant, ils achètent les tickets, ils s’habillent, ils sortent… Donc il faut être à la hauteur et chaque fois je m’efforce de l’être. Ça doit être le treizième spectacle que je joue, mais celui-là, c’est le spectacle de la maturité (rires)…

Le Marseillais ne saurait être réduit à son seul accent… C’est cependant ce qui a permis de vous lancer. Comment avancer dans le temps sans être prisonnier d’une case ?

À chaque fois que je fais une émission de télé depuis 30 ans, chez Drucker, Nagui, Arthur, Hanouna (…), on me rappelle toujours que je suis un humoriste marseillais. On ne dira jamais à Laurent Gerra qu’il est de Clermont (ce qui est normal car il est né à Bourg-en-Bresse, Ndlr). Il y a eu aussi Dany (Boon, Ndlr), le gars du Nord, qui a eu du succès, ou les Chevaliers du Fiel, mais c’est vrai que ça a marqué ma carrière. En même temps, ça m’a permis de me différencier et d’être identifiable assez rapidement ce qui est très important pour un humoriste…. Des fois, et j’en ai fait un spectacle, j’avais envie de leur dire stop. Les médias y sont aussi pour beaucoup, on est vite catalogué comme la fille aux gros nichons ou le mec avec l’accent. Pour « Nulle part ailleurs », une fois, la veille de ma venue ils avaient reçu Charlotte Gainsbourg et ils lui avaient mis un piano sur scène, le lendemain pour moi, on jouait à la pétanque… Peut-être que je joue mieux du piano que Charlotte Gainsbourg et qu’elle joue mieux à la pétanque que moi ! S’il suffisait d’avoir un accent sur scène, il y aurait eu depuis longtemps 900 000 Marseillais qui auraient fait du théâtre ! Moi, je suis comme ça et à l’époque je n’ai pas pu faire autrement alors je m’y suis habitué. De cette faiblesse, j’ai fait une force.

Comment envisagez-vous cette tournée ?

Pour le moment c’est compliqué car je suis dedans et c’est difficile d’envisager les choses, car avec la Covid on ne sait pas où l’on va. Même les gens ne savent pas comment faire, il y a une nouvelle manière d’acheter les tickets, on achète au dernier moment, on ne sait pas si on va s’arrêter ou continuer. Dans certaines salles, il y a le masque et dans d’autres non… J’ai l’impression que c’est difficile de se projeter. J’espère aller au bout, qu’on ne se retrouve pas encore avec des spectacles reportés car il y a un gros embouteillage actuellement… Moi, je veux juste faire des belles dates et que les gens se marrent en passant un bon moment.

Qu’aimez-vous faire quand vous n’êtes pas sur scène ?

Vous l’avez compris, j’aime les amis ! J’ai une vie très simple, ce que j’aime faire, bien souvent, c’est rien. Quand je dis rien, c’est que je suis avec des potes comme actuellement, on va se mettre en terrasse, on va perler de tout et de rien. Cet après-midi, j’ai rendez-vous avec d’autres potes, tant qu’il fait soleil, après… On rentre à la maison. J’aime la vie, j’aime manger, boire, rigoler et faire des choses agréables. Mon échappatoire, c’est la scène, ça me permet d’extérioriser tout ça.

Nîmes, ça vous parle ?

Depuis que je suis enfant j’y viens ! Nous, à Marseille, à l’époque on n’avait pas le Dôme, ni même de grande salle de spectacle. Quand il fallait qu’on aille voir un concert, on allait où ? Je suis venu souvent aux arènes de Nîmes ! Mais quand on montait à Nîmes, c’était une sacrée affaire de logistique… J’avais l’impression qu’on allait loin ! Nîmes, c’est aussi une beauté de ville. Quand même, il ne faut pas déconner, j’aime Nîmes, j’y viens et j’y reviens chaque fois avec plaisir. On a une énorme chance d’habiter dans notre région.

Un petit message aux Nîmois  ?

Venez voir le spectacle ! Vous ressortirez certainement plus heureux ou, en tout cas, pas moins heureux qu’avant votre venue. Vivez, même si la période est difficile. Je sais que c’est facile de dire ces banalités, mais je sens beaucoup de tension, j’en parle dans le spectacle de manière drôle. Je souhaite que les gens se détendent et je les embrasse. Je suis en train de négocier pour être remboursé par la sécu mais chut, n’en parlez pas !

Patrick Bosso pour son « dernier round » (Photo William Let).

Patrick Bosso à l’Atria, 5 boulevard de Prague 30 000 Nîmes. Tarif : 35 euros placement libre.

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