FAIT DU SOIR Sur les berges du Gardon, tolérance zéro pour les barbecues sauvages

Les agents de la police municipale intercommunale patrouillent sur les berges du Gardon, à Collias (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

En 2017, un incendie avait détruit trente hectares de garrigue à Collias. Parti des rives du Gardon, le feu était probablement parti d’un barbecue sauvage. Pour éviter un nouvel épisode de ce type, d’importants moyens sont mobilisés lors de la saison estivale. 

« C’est une grosse problématique sur Collias, le passé récent l’a démontré, et ici nous avons beaucoup de monde sur les berges du Gardon », pose l’adjoint au maire de Collias délégué à la sécurité et vice-président de la Communauté de communes du Pont du Gard, Numa Noël. Alors la commune a décidé d’appliquer « la tolérance zéro » sur l’emploi du feu à moins de 200 mètres du massif boisé, interdit par un arrêté préfectoral toujours en vigueur cet été, comme le reste de l’année, du reste. 

Une « tolérance zéro » que la commune, via ses agents de sûreté de la voie publique, la Communauté de communes, via la police municipale intercommunale et l’État, avec la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité, font appliquer. « Il y a une vraie coproduction de la sécurité », se félicite Numa Noël, dont la commune a recruté deux agents de sûreté de la voie publique saisonniers cet été pour les week-ends. 

Parmi ces moyens donc, la police municipale intercommunale, placée sous la houlette de Stéphanie Mathieu. Avec ses sept agents, la cheffe de la PMI intervient sur les 17 communes de la Communauté de communes du Pont du Gard, et pas que sur cette problématique des feux sauvages : les dépôts de déchets et les vols à la roulotte sur les parkings, entre autres, occupent aussi les journées des policiers municipaux intercommunaux. Ce mercredi soir, on retrouve Stéphanie Mathieu avec deux de ses hommes à Collias, commune traversée, comme Castillon-du-Gard et Remoulins, par le Gardon.

« Les gens n’ont pas le réflexe d’appeler pour nous signaler un feu »

Les agents patrouillent sur une des plages du Gardon, après avoir pris le soin, lors du passage sur le pont qui enjambe la rivière, de profiter du point de vue dégagé en quête de la moindre fumée. À peine le pied posé sur la plage, on tombe sur un dépôt sauvage de déchets. « C’est une problématique récurrente, affirme Stéphanie Mathieu. Nous sensibilisons les gens, ce qui fonctionne habituellement. » Là, il est malheureusement trop tard pour sensibiliser, les agents de la PMI avertissent les services techniques de la commune pour débarrasser la plage de ces déchets. 

À peine un peu plus loin, un monticule de pierres dont certaines sont noircies témoigne du fait qu’un feu a été allumé ici, à quelques mètres à peine du massif et au cours de journées sèches et venteuses propices aux incendies. Au cours de la patrouille, bien reçue par les estivants qui profitent des derniers rayons de soleil de la journée pour bronzer sur les galets, les agents discutent et sensibilisent les touristes à la question de l’emploi du feu et sur les risques qu’elle engendre.

Des pierres noircies, stigmates d’un feu sur une des plages de Collias (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Car au-delà des auteurs de l’infraction, qui vont parfois se planquer dans des lieux reculés et inaccessibles en voiture, comme vers la Baume, à 40 minutes de marche de Collias mais toujours sur le territoire de la commune, les autorités veulent sensibiliser les témoins. Si les policiers municipaux sont en lien avec les loueurs de canoës qui leur font remonter des informations, « les gens n’ont pas le réflexe d’appeler pour nous signaler un feu, note Numa Noël. Ils nous le disent souvent trop tard, le lendemain par exemple. » Trop tard évidemment pour prendre les auteurs sur le fait et annihiler tout risque d’incendie. 

Ce soir, pas de cas à signaler. « Nous en avons eu un la semaine dernière à Castillon, nous avons fait de la prévention, car chaque commune décide si elle privilégie la prévention ou la répression, on tombe souvent sur des personnes de bonne foi », affirme la cheffe de la PMI. Bonne foi ou pas, ces personnes se rendent passibles d’une amende de 135 euros, et peuvent aussi se retrouver avec un désastre écologique sur la conscience. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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