FAIT DU SOIR Renaud Ripart (ex-Nîmes Olympique) : « Je ne voulais pas avoir de regrets »

Le Nîmois a effectué son premier entraînement hier avec Troyes (Photo Estac)

Après 16 années passées au Nîmes Olympique, dont dix en tant que joueur professionnel, Renaud Ripart (28 ans) a tourné la page en s’engageant pour quatre ans avec Troyes, promu en Ligue 1. L’enfant du club évoque les raisons de son départ et revient sur quelques moments forts vécus sous le maillot des Crocos.

Objectif Gard : Après ce transfert, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Renaud Ripart : Je suis content et excité. C’est une nouvelle aventure qui démarre avec beaucoup de changement. J’ai hâte de découvrir le club, mes coéquipiers et les personnes qui travaillent au club. Je suis très content d’arriver dans un club sain et très ambitieux. Troyes a été racheté par “City Football Group” il y a peu de temps, mais en interne ça reste un club familial qui a envie de pérenniser l’Estac en Ligue 1. Je trouve le challenge intéressant et il y a moyen de revivre de belles émotions. Je suis impatient de voir comment ça évolue.

Qu’est ce qui vous a poussé à quitter Nîmes Olympique ?

Je pense qu’il y a un peu de tout. J’ai 28 ans, même si on dit que l’on est dans la force de l’âge je suis plus proche de la fin que du début. S’il y avait une opportunité, je ne voulais pas avoir de regrets et me dire : “si j’avais su”. J’ai vu comment ça se passait à Nîmes à l’intersaison et même si c’est très compliqué de remonter immédiatement, j’ai le sentiment que ce n’est pas, en plus, l’objectif principal du club. À partir de là, j’ai réfléchi et j’ai eu des opportunités.

“J’étais aussi en contact avancé avec Nantes”

Votre souhait était-il aussi de rester en Ligue 1 ?

Forcément. Il y a quatre ans en arrière, jamais je n’aurais pensé jouer en Ligue 1 de ma vie. Aujourd’hui à 28 ans, c’était compliqué de refuser le projet troyen. J’ai eu un bon feeling avec le coach Laurent Batlles. Ils ont construit une belle aventure déjà depuis deux ans. Il y a une belle dynamique autour de ce club.

Pourquoi avez-vous préféré Troyes par rapport aux autres propositions et notamment Nantes ?

Je ne voulais pas non plus me précipiter. C’est vrai que l’on a des contacts depuis plusieurs semaines mais je voulais être sur du projet et échanger avec le coach avant. J’étais aussi en contact avancé avec Nantes. Il faut aussi prendre en compte la situation actuelle financière des clubs, je n’étais pas libre donc il fallait que toutes les parties trouvent un accord au niveau du transfert.

Renaud Ripart sollicité par le public nîmois il y a encore deux semaines (Photo Corentin Corger)

Est-ce que les dirigeants nîmois ont facilité votre transfert ?

Je les ai remerciés pour ça. Ils m’ont écouté et ont compris mon choix. Ils ne m’ont pas mis de bâtons dans les roues, même s’ils avaient très envie que je reste, mais ça s’est très bien passé. Cela montre aussi qu’il n’y a pas que le financier qui dirige, il y a encore un petit peu d’humain dans le football d’aujourd’hui.

Cela doit faire un pincement au cœur quand on quitte sa ville et le club avec lequel on a tout connu… 

Oui… Quitter Nîmes Olympique, la ville de Nîmes et tout ce que cela comporte, c’est peut-être le choix le plus dur de ma carrière pour le moment car je pensais peut-être que cette question ne se poserait jamais. C’était le moment pour moi de voir autre chose mais si ça a été dur de quitter Nîmes, je suis très content d’arriver à Troyes.

Avez-vous reçu des messages de la part des supporters après votre départ ?

Mon téléphone est inondé de messages depuis quelques jours. J’ai un peu de mal à répondre à tout le monde. J’ai reçu beaucoup de messages de remerciement et bienveillant. Les supporters m’ont tellement donné pendant des années que je les remercie encore pour ça.

“Ça ne partait peut-être pas bien mais j’ai rien lâché”

Votre partez après voir disputé 240 matches pour 50 buts marqués, quel bilan faites-vous de votre passage au Nîmes Olympique ? 

Quand j’étais petit, j’allais au stade. Je rêvais de jouer aux Costières avec Nîmes Olympique en professionnel et de jouer en Ligue 1. J’ai accompli tout ça avec beaucoup de travail et d’acharnement. Ça ne partait peut-être pas bien mais j’ai rien lâché. Je suis très fier de ce parcours.

Ce but dans le derby est celui que Renaud retient en premier (Photo Anthony Maurin).

Si vous ne deviez retenir qu’un meilleur moment, ce serait lequel ?

On va dire les dix années, ça fait un seul moment ! (Rires). C’est trop dur de choisir. Je repense aux -8 points parce que l’aventure est surtout partie de là. La montée en Ligue 1 forcément, ça a été incroyable. La première année en Ligue 1 où tu gagnes Marseille (3-1) sur le premier match à domicile. Il y a tellement de moments. Les dix années voire les 16, si on prend en compte le centre de formation, ça représente bien.

Et le pire ?

La descente ! C’est dur de descendre avec un club que l’on aime, ça a été dur à vivre. Il nous ne manquait pas grand-chose et ça ne s’est pas passé comme ça. On ne va pas refaire l’histoire.

Quel impact a eu Bernard Blaquart sur votre carrière ? 

Il est arrivé à un moment donné (en novembre 2015) où c’était un peu plus compliqué pour moi. Il m’a donné cette confiance et m’a dit : “tu ne vas pas jouer devant, tu vas jouer sur le côté.” Grâce à lui, j’ai joué en Ligue 1. Je l’ai souvent répété, je lui dois beaucoup et il le sait. On a d’ailleurs échangé par message depuis mon transfert. Tous les entraîneurs que j’ai eu à un moment donné au Nîmes Olympique m’ont apporté quelque chose. 

Renaud Ripart, en conférence de presse, après son premier doublé sous le maillot nîmois en décembre 2012 (Photo Objectif Gard)

Vous avez marqué votre premier but, le 13 janvier 2012 à 18 ans. S’il fallait en retenir qu’un… 

Je m’en souviens très bien, c’était aux Costières. C’est là qu’on se dit que le temps passe très vite. Laisse-moi réfléchir (il marque un petit temps d’arrêt)… Si, celui de Montpellier ! Marquer dans le derby à cinq minutes de la fin pour gagner, tout joueur en rêve. Il y aussi celui de Marseille et celui contre le Paris FC, en Ligue 2. Nous étions un petit peu plus mal en point, ce but nous a remis sur le bon chemin et fait enchaîner sur une nouvelle victoire à la dernière minute. Dans l’ensemble, chaque but a été un bon moment.

“Il manque encore quelques recrues”

Quelle a été l’ambiance la plus forte vécue aux Costières ?

Je pense que c’est le Nîmes-Marseille. Même s’il y avait le match de la montée mais là on gagne 3-1 contre l’OM, c’était de la folie.

Comment voyez-vous la saison à venir pour Nîmes Olympique ?

Ce qui est sûr c’est que je vais regarder le plus de matches possibles et garder un œil sur ce club. J’espère que ça se passera le mieux pour eux. Il manque encore quelques recrues mais je sais que le club travaille là-dessus, j’espère que ça va arriver. Je leur souhaite le meilleur et j’espère que les joueurs porteront haut et fier les couleurs du Nîmes Olympique.

Avez-vous prévu de changer de célébration car le geste du torero dans l’Aube est inconnu ?

(Rires) J’y ai pas trop pensé encore ! Je n’ai pas trop réfléchi à ça. Ce n’est pas la priorité mais tout le monde me demande. Je ne sais pas, on verra.

Pour finir que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure ?

Juste d’être heureux, ça me va ! (Rires)

Propos recueillis par Corentin Corger

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