FAIT DU SOIR Quand Franck Gastambide supportait le Nîmes Olympique avec les Gladiators

La section Paris et Franck Gastambide étaient en déplacement à Valence pour supporter les Crocos lors de la saison 1993/1994. (Photo DR)

Né en 1978 en Île-de-France, Franck Gastambide (*) est un acteur, producteur, réalisateur et scénariste au CV reconnu au sein de l’audiovisuel français. Beaucoup connaissent notamment ses films à succès Les Kaïra, Toute première fois, Pattaya et Taxi 5, ou sa dernière série Validé. Mais peu savent qu’il fut l’espace de quelques mois un supporter ultra du Nîmes Olympique. Récit d’une improbable passion passagère. 

Au sein même des Gladiators l’anecdote est méconnue, presque oubliée par ceux-là même qui ont vécu cette époque. Nous sommes au début des années 1990 et comme dans bon nombres de villes françaises à cette période, un groupe de supporter inspiré du mouvement ultra italien est créé. Pour la petite histoire, l’association est fondée par une poignée d’étudiants dans le cadre de leur projet de BTS.

Pas vraiment ultras dans l’âme, ces derniers abandonnent rapidement le navire. Mais entre-temps, quelques jeunes supporters se prennent de passion pour ce mode de supportérisme actif, passionné et très visuel. L’association est en plein essor. “Entre la montée en première division et les groupes de supporters qui fleurissaient un peu partout, il y a eu un espèce d’effet de mode”, se souvient Christophe, qui a pris sa carte dès la première année d’existence du groupe.

“Il avait la tête dure”

Mais à l’issue de la saison 1992/1993, le Nîmes Olympique termine bon dernier de D1 et plonge vers le purgatoire des divisions inférieures qu’il mettra 25 ans à quitter. Pour les Gladiators, c’est un coup dur. “Après la descente, il n’est resté que ceux qui étaient vraiment intéressés par le mouvement ultra”, reconnaît Christophe.

Parmi eux, un adolescent originaire de région parisienne portant le nom de Franck Gastambide s’était rapproché du groupe quelques mois plus tôt. “À l’époque, beaucoup de groupes se créaient et certains supporters de différents groupes postaient des annonces pour échanger entre eux sur le magazine Sup Mag, se souvient Édouard, 18 ans à l’époque et l’un des plus anciens membres des Gladiators. Franck a vu notre message et comme nous vivions à Manduel, comme sa sœur, il nous a contactés.”

“On s’est fréquentés pendant deux étés, poursuit-il. Il était très jeune et devait avoir 14 ou 15 ans. C’était un bon gars qui avait la tête dure. Il était déterminé à réussir quelque chose. Il disait vouloir une certaine reconnaissance.”

Un sticker qui aurait été crée par Franck Gastambide. (Photo DR)

Christophe, lui, se souvient d’un jeune “volontaire et un peu foufou. Je me rappelle notamment d’un déplacement à Valence, en août 1993, où il était présent. Mais il ne s’est pas impliqué très longtemps, sans doute un an et demi.” 

Une période au cours de laquelle Franck Gastambide a correspondu avec d’autres supporters via Sup Mag et participé à la réalisation d’une bâche “GN Paris”, aidé par Édouard. “Avec son frère, il a aussi créé le seul sticker de la section Paris des Gladiators, précise ce dernier. C’était quelqu’un qui n’avait pas peur de prendre les devants. Mais on ne peut pas dire que c’était un vrai amoureux du Nîmes Olympique. Pour lui, tout ça était plus un délire de jeunesse. Quelques mois plus tard, il a aussi fréquenté les Winners (ultras marseillais, ndlr). Je sais aussi qu’il avait créé un fan club du gardien Pascal Olmeta.” 

La section Paris des Gladiators était visible aux Costières. (Photo DR)

Petit à petit, les liens entre Franck Gastambide et les membres des Gladiators se sont donc distendus. “Le dernier contact que j’ai eu avec lui c’était en 1996 pour la finale de la Coupe de France, avance Christophe. Il m’avait demandé de lui avoir des places mais je n’avais pas pu.” 

Des supporters actifs mais déstructurés

Des années plus tard, certains exilés à Paris ont pu le recroiser dans la capitale, mais le contact n’a pas été rétabli. “Il ne se revendique pas supporter nîmois et semble avoir voulu tourner la page, estime Christophe. Dès ses premiers films, ceux qui l’ont fréquenté dans le groupe l’ont reconnu. Pour nous, c’est une anecdote sympa, mais rien de plus.”

Informelle et comptant au maximum une vingtaine de membres, la section Paris des Gladiators a disparu quelques années après le départ de Franck Gastambide. Mais pas la passion des fans du Nîmes Olympique et qui suivent toujours les Crocos depuis l’Île-de-France. Dans l’euphorie des bons résultats, la Diaspora Nemausa a d’ailleurs été créée lors de la saison 2017/2018. “Ça n’a pas fait long feu. On ne voyait jamais la plupart des membres lors des déplacements”, raconte John Larnac, un supporter expatrié à Paris particulièrement actif.

L’année suivante, ce dernier a réussi un petit exploit en assistant à l’ensemble des matches du Nîmes Olympique, à domicile comme à l’extérieur. Dans le jargon des supporters, on appelle cela un “Grand Chelem”. “On a été plusieurs à faire pas mal de matches malgré la distance, explique-t-il. Mais il n’y a plus d’association. On s’organise entre potes pour faire les déplacements ensemble, mais pas de manière structurée.” Qu’elle soit éphémère, comme pour Franck Gastambide, ou inébranlable, pour de nombreux anonymes, l’essentiel est pour tous de vivre sa passion.

Boris Boutet

* Contacté, Franck Gastambide n’a pas répondu à nos sollicitations.

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