FAIT DU SOIR « Portraits et secrets des femmes romaines », la nouvelle grande expo du Musée de la romanité

Portraits et secrets des femmes romaines est à voir au Musée de la Romanité jusqu’en mars 2022 (Photo Anthony Maurin).

À compter de demain et jusqu’au 8 mars 2022, le Musée de la romanité de Nîmes accueille l’exposition “Portraits et secrets de femmes romaines”. Impératrices, “matrones” et affranchies, sont mises en lumières. Les oubliées de l’Histoire nous racontent la leur.

Initialement présentée aux Galeries des offices de Florence à l’hiver 2020-2021, cette exposition est un vrai petit bijou. On sait des choses de l’Antiquité. Pas tout… En effet, si les sources, qui sont relativement nombreuses, sont assez fiables sur la vie quotidienne des hommes, elles le sont moins pour les femmes. On ne parle pas des femmes “communes”, “simples”, sans titre de noblesse, ascendance noble ou époux riche. Non, ces femmes-là sont à jamais bannies de l’historie antique car leur statut était tout simplement inexistants ou presque. Mais les autres femmes, un faible pourcentage, sont parvenues à laisser une trace à travers les siècles.

Pour commencer, la dernière… Le buste d’une inconnue (Photo Anthony Maurin).

Comment le rôle de certaines femmes dans l’Antiquité peut éclairer la société d’aujourd’hui et de demain ? Quel était leur statut ? Comment les femmes ont-elles redéfini leur rôle dans l’espace public ? Qui étaient réellement ces femmes ? Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, l’exposition s’appuie sur une trentaine d’œuvres prêtées par trois institutions florentines que sont les Galeries des offices, le Musée archéologique national et la Bibliothèque nationale centrale. Novella Lapini est la commissaire de cette exposition qui s’échelonne de 27 avant J.C. à 193 après.

Autel élevé par Fundania Zosime à son mari et à son affranchi (Photo Anthony Maurin).

Puissantes, controversées, indépendantes, déterminées, rebelles et beaucoup plus encore, les femmes romaines des deux premiers siècles de l’Empire sont les protagonistes d’une exposition rare à travers leurs histoires, leurs secrets, mais aussi leurs batailles pour une émancipation civique, politique et économique.

Le buste de Domitia Longina et une tête d’une inconnue dite fille de Titus (Photo Anthony Maurin).

Ne faites pas d’anachronisme et évitez les comparaisons fâcheuses entre deux époques et deux modes de vie mais le Musée de la romanité s’inscrit au cœur d’un débat de société actuel pour proposer un éclairage original sur la thématique. Il se positionne comme un lieu de rencontre entre diverses époques, mais aussi comme accélérateur d’échanges et de diversité en valorisant les points de vue de disciplines croisées telles que l’archéologie, la philosophie, l’anthropologie, le théâtre, le rap, la sociologie…

Une large vue d’une grande partie de l’exposition (Photo Anthony Maurin).

Pour imaginer au mieux leur quotidien et leur véritable vie, l’exposition s’articule en trois sections suivant le parcours des femmes romaines de différentes origines sociales. Dans un premier temps, le visiteur peut appréhender le modèle idéalisé de la “matrone”, incarnée par les impératrices et les femmes de premier plan de la maison impériale comme un véritable modèle moral et stylistique.

Dans un second temps, le visiteur de l’histoire verra des femmes aux vies non-conventionnelles comme celles des affranchies ou des femmes de la famille impériale dénigrées pour attaquer la dynastie qu’elles représentent. Pour finir, la dernière section souligne la place importante des impératrices dans la propagande de la maison impériale qui leur a permis d’acquérir un nouveau rôle public. Elles ont ainsi inspiré les femmes de la classe supérieure et leur ont permis l’accession à des rôles publics, introduisant ainsi une révolution de genre progressive mais bien réelle dans les cités de l’Empire.

À gauche, le portrait de Sabine, femme de l’empereur Hadrien (Photo Anthony Maurin).

Le visiteur pourra voir les bustes d’inconnues, de Sabine, d’Antonia la jeune, de Domitia Longina, d’Agrippina l’ancienne, d’Agrippina la jeune, de notre très cher Antonin le Pieux (dont les origines nîmoises sont établies) en compagnie de sa Faustine (l’ancienne) préférée… Bref, une dizaine de bustes, une fort belle occasion pour voir le travail d’orfèvre dans le marbre des sculpteurs de la Rome antique.

Au-delà des sculptures, le visiteur verra des portraits dessinés au XVIIIe siècle, des manuscrits du XVIe, de nombreux autels tous plus spectaculaires les uns que les autres, de la monnaie avec des Aureus, une énorme dédicace honorifique à Tibère et Livie de Terracina, un fragment monumental de Tivoli… En tout, 36 pièces très bien éclairées et mises en valeur par une muséographie bien étudiée.

Au premier plan, l’autel en l’honneur de Rhodon, esclave de Domitia Longina Augusta de la fin de l’époque flavine il y a 2 000 ans (Photo Anthony Maurin).

Une vaste programmation culturelle variée est d’ores et déjà au programme de ces quelques mois. Le cycle de conférence “Place(s) des femmes” permettra au public de poursuivre la réflexion engagée dans l’exposition, à travers des conférences, des visites, des débats et des animations. Les participants pourront même se rendre hors les murs dans des lieux culturels nîmois associés qui inviteront le public à se questionner sur les places des femmes, d’hier et d’aujourd’hui, et à revisiter leur rôle dans l’Antiquité pour interroger la société actuelle. Le programme est à consulter ici.

(Photo Anthony Maurin).

Le Musée de la romanité à Nîmes, 16 boulevard des arènes. Une offre “cycle complet” permet deux possibilités de mieux comprendre cette exposition. La visite guidée est toujours préférable pour assimiler toutes les nuances de l’exposition. “Portraits de femmes et Déesses” a lieu le 11 novembre à 14h30 et “Déesses : au-delà du genre” le 21 novembre à 11h. Tarif : le parcours permanent et l’exposition temporaire : 8 euros, réduit 6 euros, 7/17 ans à 3 euros, gratuit pour les -7 ans. Forfait famille à 19 euros pour des adultes et deux enfants.

Comment ne pas finir par notre bon Antonin le Pieux ? Si vous allez à l’exposition vous verrez sa belle Faustine dont le portrait n’est qu’à deux mètres de lui (Photo Anthony Maurin).

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