FAIT DU SOIR Neutralité carbone : ces deux territoires qui veulent avoir dix ans d’avance

L’Union européenne s’est fixée pour objectif d’atteindre la neutralité carbone, entendez par là des émissions de CO2 qui ne dépassent pas la capacité d’absorption de l’environnement, d’ici 2050. Ce vendredi, la communauté de communes du Pont du Gard et l’Agglo du Gard rhodanien ont formalisé leur engagement d’y arriver d’ici à 2040. 

Des territoires « en avance de phase », comme le dit la présidente de l’association Cleantech Vallée, Virginie Monnier-Mangue, association qui porte le Contrat de transition écologique Aramon-Gard rhodanien depuis 2018 et qui fédère déjà les deux intercommunalités. Un travail conjoint de deux EPCI « pas si fréquent », rappelle le président de l’Agglo du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey, qui va se poursuivre autour de cet enjeu de neutralité carbone. 

Un défi loin d’être relevé. Sur le territoire, « on produit chaque année 650 000 tonnes équivalent CO2, pendant qu’on en capte 55 000 tonnes, pose Jean-Christian Rey. Le delta est colossal. Ce n’est donc pas en six mois qu’on y parviendra, il faut commencer tout de suite. » Et ça signifie « embarquer tout le monde : l’industrie, le monde économique, les collectivités et les citoyens », reprend l’élu. 

Alors « il faut être exemplaires, affirme le président de la CCPG Pierre Prat. Il nous faut démontrer notre volonté, que nous y croyons, pour bouger cette inertie. » Quoi de mieux pour ça que des actions concrètes ? Les deux présidents les énumèrent : une délibération sur l’hydrogène, qui pourrait être produit à partir des déchets, « dès lundi prochain » à l’Agglo, annonce son président, un plan transports en 2022, le lancement d’une campagne de thermographie aérienne sur le territoire pour que chacun sache s’il habite une passoire thermique, campagne accompagnée d’un guichet unique pour s’y retrouver dans les différentes subventions possibles. 

On y retrouve aussi la promotion des circuits courts, de l’argent injecté dans les projets en lien avec le vélo, la sacralisation de zones forestières, agricoles et naturelles dans le Schéma de cohérence territoriale du Gard rhodanien pour favoriser la captation du CO2, l’ouverture de pôles d’échange multimodal en lien avec la réouverture de la ligne de TER rive droite, d’abord à Pont-Saint-Esprit et à Bagnols puis à Aramon et à Remoulins. « Pour traverser le territoire sans utiliser sa voiture », commente Pierre Prat. 

Agir « le plus vite possible et sans attendre » 

Bref, la trajectoire est définie. Elle a démarré avec le Contrat de transition écologique en 2018, le troisième de France à l’époque, qui arrive à son terme mais qui va connaître une suite. L’idée reste « d’embarquer les EPCI et leurs écosystèmes », résume le député Anthony Cellier, à l’initiative du Contrat de transition écologique après la fermeture de la centrale thermique EDF d’Aramon en 2016. Plusieurs fiches actions de ce Contrat de transition écologique sont en passe d’être réalisées, comme le vaste projet de décarbonation de ses procédés de Sanofi Aramon, qui vient de décrocher 3,5 millions d’euros de financements de l’État.  

L’engagement des territoires, matérialisé ce matin, a pour but de faire en sorte « que chacun prenne conscience qu’il peut prendre sa part, qu’il y ait un effet d’entraînement collectif ». C’est ce que le parlementaire qualifie de « belle politique », prolongée malgré le changement de gouvernance en 2020 de la CCPG. « Nous avons même envie d’aller plus loin », rassure Pierre Prat, alors que la Cleantech Vallée poursuit son action, notamment en accélérant des start-up opérant dans les technologies propres, comme l’eau, les mobilités douces ou l’hydrogène. Cet accélérateur, le Cleantech Booster, « a déjà créé 40 emplois », rappelle Virginie Monnier-Mangue, avant d’affirmer que la Cleantech Vallée serait « le bras armé pour aider à atteindre l’objectif ». 

Un objectif ambitieux donc, qui va faire de ces deux territoires « les premiers en Occitanie qui s’engagent véritablement dans la neutralité carbone », poursuit-elle. Sans oublier que derrière les paroles, il y a la réalité du réchauffement climatique et l’urgence collective à agir, comme le rappelle Jean-Christian Rey, « le plus vite possible et sans attendre ». 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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