FAIT DU SOIR Jeune déléguée, Christie Cornus vise les sommets du football français

La déléguée en tenue officielle. (Photo Christie Cornus)

Aigues-Mortaise de cœur, Vergézoise d’adoption, Christie Cornus a longtemps écumé les pelouses des clubs amateurs français, drapeau de touche en main. À 42 ans, celle qui est désormais déléguée au plus haut niveau fédéral rêve d’atteindre un jour le monde professionnel. Une façon pour elle de poursuivre sa progression dans un monde très masculin qu’elle a pénétré à l’âge de 18 ans. 

Sa vie, elle la dédie au football. Baignée dans ce milieu depuis son plus jeune âge, Christie Cornus est longtemps restée sur la touche. À regarder son petit-frère jouer à Aigues-Mortes, d’abord. Puis, à 18 ans, la jeune femme prend son premier sifflet. On est en 1998. “Le club local avait besoin d’un arbitre, je me suis proposée et tout le monde m’a suivie, se souvient-elle. Comme la France organisait la Coupe du Monde, j’ai eu la chance d’officier pour des rencontres de sélections nationales d’équipes de benjamins en levée de rideau alors que je n’avais pas six mois d’expérience.”

De quoi faire la fierté de son grand-père, ancien arbitre de niveau départemental. D’abord au centre, Christie Cornus fait rapidement le choix de retourner sur la touche. Pas en tant que spectatrice cette fois, mais comme arbitre assistant. “Cela me convenait mieux, reconnait-elle. J’arrivais à me mettre moins de pression sur la préparation des matches.” 

Dans ce nouveau rôle, l’Aigues-Mortaise fait son trou, arrivant jusqu’au plus haut niveau régional. Un échelon où elle figure parmi les rares exceptions féminines en Languedoc-Roussillon. “Avec les garçons, j’officiais en CFA et en CFA 2 (aujourd’hui N2 et N3, ndlr), retrace-t-elle. Si on pouvait entendre des propos sexistes et irrespectueux en tribunes, les joueurs étaient souvent moins virulents avec moi qu’envers mes homologues masculins.”

L’arbitrage est une école de la vie qui fait gagner en maturité

Son niveau lui permet aussi de vivre quelques belles expériences en D1 féminine, comme l’arbitrage d’un choc Montpellier-Lyon, disputé au stade de la Mosson. Mais freinée par des douleurs au tendon d’achille, Christie Cornus range son drapeau en mai 2017, après un Beaucaire-Aimargues disputé sur la pelouse du stade Philibert-Schneider.

L’arbitrage est une véritable école de la vie, estime-t-elle. Elle nous apprend beaucoup sur le sens des responsabilités, nous fait gagner en autonomie et en maturité. Il faut arriver à balayer ses doutes après chaque prise de décision et à passer à l’action suivante pour être performant. Aujourd’hui, nous manquons d’arbitres. Le recrutement et la fidélisation des volontaires sont très difficiles.” 

Mais pas question pour elle de céder au fatalisme. Fidèle à son tempérament, Christie Cornus intègre tour à tour les comités directeurs de la Ligue Occitanie et du District Gard-Lozère avec l’objectif de “faciliter la vie des clubs”. Surtout, elle devient déléguée et représente chaque week-end les instances fédérales sur les terrains. “C’était la suite logique, une fonction différente mais tout aussi passionnante, commente-t-elle. Quand je suis nommée sur un match, je suis la garante de la bonne tenue de la rencontre. On est responsable de la sécurité, on vérifie l’état des installations et on accompagne les arbitres.” 

À une marche du Graal

De retour sur la touche, Christie Cornus ne tarde pas à se faire remarquer. Son sérieux lui vaut une promotion rapide au plus haut niveau fédéral, lui permettant d’être nommée pour des matches de National et de D1 féminine. “C’est du bénévolat et je dois donc parfois m’arranger avec mon patron quand les matches sont le vendredi soir à plusieurs centaines de kilomètres du Gard, souligne celle qui occupe dans la vie un poste de secrétaire. Il est conciliant et on arrive à s’arranger pour que je puisse vivre ma passion.” 

À 42 ans, Christie Cornus n’est plus qu’à une marche de rejoindre le cercle très fermé des femmes officiant au plus au niveau national. “Devenir déléguée Ligue de football professionnel (LFP) est un véritable objectif à court terme, avoue-t-elle. J’ai déjà eu la chance d’être nommée comme déléguée adjointe pour un match de Coupe de France entre Monaco et Metz. C’est un autre monde qui me fait forcément rêver.” Elle pourrait ainsi rejoindre les Gardois Bernard Bergen, Rachid Sidi Yacoub, Guy Camus qui officient déjà à ce niveau. Et de rendre un bel hommage à son ami Guillaume Dathueyt, lui aussi délégué LFP et décédé en janvier dernier.

Boris Boutet

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