FAIT DU SOIR À Jean-Bouin, l’exploit du Chemin Bas vécu avec le maire Jean-Paul Fournier

Le maire Jean-Paul Fournier et son premier adjoint Julien Plantier (Photo Corentin Corger)

Hier, l’emblématique stade Jean-Bouin a connu un moment fort de plus dans sa longue histoire avec l’exploit de Nîmes Chemin Bas qui s’est qualifié pour les 32e de finale de Coupe de France. Une performance que nous avons vécu aux côtés du maire de Nîmes Jean-Paul Fournier.

De ses souvenirs enfant à la fin des années 1950, à ses débuts d’élu en 1983 et son premier mandat de maire en 2001, le premier édile nîmois a vécu de nombreuses émotions dans cette mythique enceinte. Tout en observant l’exploit du “Cheum”, il a évoqué ses souvenirs, sa politique sportive à Nîmes et le départ de Laurent Boissier.

Ce dimanche à 13h30, au moment du coup d’envoi, c’est avec le sourire que Jean-Paul Fournier a pris place dans la tribune d’honneur du stade Jean-Bouin, accompagné du premier adjoint, Julien Plantier, et des élus François Courdil, Emmanuel Carrière et Carole Solana. Ce match historique pour un club de quartier qui a réussi pour la première fois à se qualifier pour la phase finale de la Coupe de France a engendré une belle fête populaire avec plus de 500 supporters présents. De quoi forcément raviver de belles émotions pour le natif de Génolhac, arrivé jeune à Nîmes, qui vient de fêter ses 76 ans et qui a connu les grandes heures de ce lieu où se massait des milliers de spectateurs.

“En face c’était la tribune des supporters. On empruntait la rue Jean-Bouin pour y aller. J’étais adhérent avec mon copain. On a passé de grands moments. On s’asseyait au deuxième rang car on n’était pas assez ancien”, se remémore dès son arrivée ce passionné du Nîmes Olympique qui a contracté le virus, comme pour beaucoup, par sa famille. “Avant, plus jeune, j’allais à la petite butte avec mon père”, poursuit-il montrant du doigt la tribune en question. Une époque phare pour les Crocos où le jeune Jean-Paul avait pour idoles Alexandre Roszak, Mustapha Bettache, Hassan Akesbi ou encore Bernard Rahis. Une période dorée avec trois places de vice-champion de France à la fin des années 1950 où Nîmes se disputait le titre avec le grand Stade de Reims de Just Fontaine et Roger Piantoni que, beaucoup plus jeune, le fan se souvient avoir vu jouer.

“Ça soulevait les chevilles”, sourit-il faisant référence à la philosophie du jeu nîmois consistant à jouer les duels à fond. Pêle-mêle – forcément cela date d’il y a plus de 50 ans – les flashes remontent à la surface. “Je me souviens d’un boulet de canon de Daniel Sanlaville à 40 mètres, c’était impressionnant. Je l’ai vécu de la grande butte. Ici on a vraiment vécu des moments formidables, comme ces deux matches de Coupe d’Europe face aux Portugais de Setubal et à une équipe suisse”, renchérit-il, en évoquant le Grasshopper Zürich. Sans oublier de mentionner le fameux jour où le mur a cédé sous la pression des spectateurs et que ces derniers se sont retrouvés au bord du terrain. L’actuel premier édile y était.

“Un pincement au coeur”

À partir de 1983, c’est désormais en tribune officielle que le nouvel adjoint à l’Urbanisme de Jean Bousquet assiste aux rencontres du NO. La boucle est bouclée pour ce fan des Crocos qui assiste à tous les matches à domicile de Nîmes Olympique. Sauf ces derniers temps : “Contre Quevilly-Rouen, j’ai boycotté moi aussi. Ce dernier a donc vécu de près la destruction de Jean-Bouin, plus aux normes et le passage au stade des Costières en 1989. “C’était un pincement au coeur”, confie-t-il. Tout en parlant, le maire ne quitte pas des yeux le terrain. Plutôt silencieux jusqu’alors sur le spectacle proposé, “c’est mérité !”, commente Jean-Paul Fournier lorsque un Agathois écope d’un carton jaune, soulignant au passage la belle entame des joueurs du Chemin Bas.

“Il y a la faute-là !”, peste quelques minutes plus tard Julien Plantier qui vit davantage le match. Car l’ancien adjoint aux Sports âgé de 34 ans connaît bien cette pelouse synthétique de Jean-Bouin, qui commence à “fatiguer” comme le concède le maire, pour y avoir régulièrement joué jusqu’à ses 19 ans avec le maillot du CO Lasallien. “J’étais une machine à centrer”, assure le sourire aux lèvres celui qui occupait le poste de latéral gauche ou milieu, avouant du bout des lèvres qu’il supportait l’Olympique de Marseille dans sa jeunesse. Rien que sur Nîmes, on compte une quinzaine de clubs de foot affiliés à la FFF et bon nombre de terrains que la municipalité met à disposition de ces associations.

Le départ de Laurent Boissier (à gauche) n’a pas laissé indifférent le maire Jean-Paul Fournier (Photo Corentin Corger)

Du fait qu’une pelouse naturelle se dégrade beaucoup plus vite, la Ville a décidé de passer aux pelouses synthétiques : Marcel-Rouvière à Pissevin, Bernard Auzon-Cape à Valdegour ou encore Henri-Noël au Mas de Mingue… Autant d’enceintes rénovées ces dernières années. Et le stade du Chemin Bas ? “On ne s’est pas entendus sur la façon dont orienter le stade”, répond le maire, plutôt optimiste pour qu’une solution soit bientôt trouvée et que ce quartier populaire dispose aussi d’une pelouse neuve.

Le terrain stabilisé du complexe Gaston-Lessut à Saint-Césaire fait partie des prochaines réalisations de la Ville. De manière générale, ce sont les principaux équipements sportifs de Nîmes qui sont obsolètes. Le Parnasse sera rénové – “on va choisir les architectes avant la fin d’année” –, le stade des Costières doit être reconstruit par Rani Assaf – “c’est un peu compliqué mais ça va le faire” – mais quid du stade Kaufmann ? “Faut qu’on y pense. On va déjà là-aussi mettre une pelouse synthétique”, répond le maire

“Un bon adjoint qui ne parlait pas beaucoup mais qui agissait”

Des investissements coûteux mais tellement important pour garantir la cohésion sociale. Il n’y a qu’à voir ces centaines de jeunes en train de sauter, chanter et allumer quelques engins pyrotechniques, face à nous, qui manifestent leur joie pour soutenir leurs amis faisant briller tout un quartier au-delà de la ville. “Le foot est un lien social important”, insiste Jean-Paul Fournier avant de déclarer : “Ils n’ont pas à avoir honte. Ils dominent avec quelques opportunités qu’ils n’ont pas concrétisées. On assiste à un match propre avec une belle ambiance.” À la pause, Nîmes accroche Agde (0-0), l’exploit est en route. “Avec les bras nus, l’arbitre de touche doit se geler”, lâche notre spectateur privilégié au retour des vestiaires. Le temps se rafraîchit et le spectacle perd en intensité. L’occasion d’évoquer le départ de Laurent Boissier qui a chagriné le maire.

“J’aime bien le personnage. C’est quelqu’un de très agréable et convivial. Aux Sports, il a été impliqué. C’était un bon adjoint qui ne parlait pas beaucoup mais qui agissait”, retient Jean-Paul Fournier au sujet de celui qu’il l’a accompagné durant un an et demi avant de retrouver une place de directeur sportif à Angers. “Il part pour un projet professionnel qui lui correspond bien et financièrement plus important. Il a eu dû mal à quitter Nîmes et a dû prendre sur lui pour partir mais il mérite de réussir là-bas.” En toute logique, c’est l’arbitre professionnel Nicolas Rainville qui devrait le remplacer poste pour poste. “C’est quelqu’un qui s’est investi dès le début de la campagne. C’est une manière de le récompenser.”

Revenons au match ! Les débats s’équilibrent après l’heure de jeu mais la magie de la Coupe de France opère encore en faveur du “Cheum” avec ce but gag inscrit contre son camp par un défenseur héraultais. Valeureux, les amateurs nîmois tiennent cette qualification historique et font la fierté de leur maire. “Ils se sont bien battus et ont fait honneur à la ville de Nîmes et à leur quartier !”, conclut Jean-Paul Fournier qui a sans doute déjà réservé son week-end des 18 et 19 décembre pour venir encourager Nîmes Olympique et le Chemin Bas en 32e de finale.

Corentin Corger

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