DOUBLE HOMICIDE AUX PLANTIERS Périmètre modifié, renfort militaire et nombreux appels mais toujours « aucun signe » du fugitif

Le général Philippe Ott (à droite) a détaillé l’avancée, ou le piétinement, des recherches. (Photo C.M)

Depuis la salle des fêtes de Saumane, un troisième point presse en autant de jours depuis le double homicide des Plantiers vient d’être donné. Le général Philippe Ott a notamment levé le doute quant aux nombreuses détonations entendues par les locaux ces derniers jours. Valentin Marcone est lui toujours en fuite.

Pour le troisième jour consécutif, la salle des fêtes de Saumane est transformée en salle de toutes les attentes. Médias locaux et nationaux s’y massent en fin d’après-midi à l’occasion du désormais traditionnel point presse visant à établir une synthèse des faits dramatiques survenus ce mardi matin aux Plantiers, et livrer les dernières avancées de l’enquête.

Ce jeudi, Marie-Françoise Lecaillon, préfète du Gard, s’est présentée la première, évoquant “une opération qui va sans doute durer”. Le général Philippe Ott, qui lui a succédé, ne disait guère autre chose : “Depuis trois journées, de longues journées de recherches, dans un décor complexe, nous tentons de déceler un indice nous permettant d’avoir une trace de l’individu qui nous préoccupe.” Un individu qui, on le sait, est lourdement armé, puisque muni d’une arme de poing et sans doute d’une arme longue “dotée d’une lunette d’un calibre suffisant pour pouvoir tirer avec précision à plusieurs centaines de mètres”.

“On va le chercher !”

Si le général Ott a avancé le terme de “survivaliste” pour qualifier Valentin Marcone, principal suspect, le procureur de la République de Nîmes, Éric Maurel, a lui préféré parler d’un homme “apte à la survie en montagne” bien qu’un enquêteur lui ait mentionné qu’“il lui arrive de se perdre lors de randonnées”.  Pour autant, les deux protagonistes étaient raccords à l’heure d’évoquer “un profil de solitaire”, qui laisse à penser “qu’il pourrait nous attendre sur son terrain, un terrain qu’il connaît parfaitement bien.” 

Après avoir reconnu que le fugitif a “forcément des avantages sur nous”, Philippe Ott a abattu la carte de l’offensive : “Clairement on va le chercher ! Les forces engagées le sont dans des zones très isolées, donc on veut le trouver !” Pour autant, le temps passe et c’est “un temps qui joue contre tous, nous compris”, a confié le général Ott, faisant référence à “l’usure”. Une usure qui peut “aussi être la sienne”.

Alors que le déploiement militaire, déjà exceptionnel, s’est accentué avec l’arrivée d’un escadron de gendarmerie mobile, entre autres, portant l’effectif à 350 hommes mobilisés, “de nombreuses hypothèses de travail”, sont étudiées,“y compris l’acte d’autolyse”. Une issue “dramatique” aux yeux du général Ott, qui a aussi ajouté : “Ou peut-être cherche-t-il cette issue dramatique par gendarmes interposés.”

“Une bascule dans son comportement”

Suite à la diffusion d’un appel à témoins national ce jeudi matin, les gendarmes ont été occupés par de nombreux indices émanant d’une cinquantaine d’appels. “On a fait des levées de doutes pour chaque renseignement”, promet le dernier nommé. Parce que le mis en cause n’a “que très peu d’amis, voire aucun” qui aurait pu l’aider, l’hypothèse d’une fuite en dehors du périmètre de 15 km² délimité par les gendarmes – qui vient d’ailleurs d’être décalé vers le nord – n’est pas privilégiée par les enquêteurs bien que “pas à exclure non plus”.

Quant aux nombreuses détonations entendues dans la journée du côté de Saint-André-de-Valborgne, à quelques kilomètres au nord des Plantiers, “reste à savoir s’il s’agit bien de détonations, on a un doute”, a admis Philippe Ott. Ce dernier évoquant les rotors des hélicoptères qui “font des claquements mécaniques lors de certaines manœuvres”. 

Aussi, le message audio laissé via la gendarmerie par son papa, Frédéric, en début d’après-midi, dans lequel il implore son fils de déposer les armes, “fait partie de la palette dont nous disposons”. Si la coopération avec la famille “va se poursuivre”, rien ne dit que le fuyard – qui n’a pas embarqué son téléphone portable – ait pu entendre le cri du cœur de son père.

Ces derniers temps, ses proches, dont sa femme, avaient tout de même relevé “une bascule dans son comportement”, sans en identifier “ni le pourquoi, ni le comment”. Valentin Marcone avait notamment été aperçu muni d’un gilet pare-balles sur son lieu de travail. Près de 60 heures après le double assassinat à la scierie Teissonnière, la traque bat son plein.

Corentin Migoule

 

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